Pourquoi c'est risqué
Le millepertuis accélère le travail du foie qui élimine certains médicaments (on parle d'induction enzymatique). L'anticoagulant est alors éliminé plus vite : sa concentration dans le sang baisse, et il protège moins bien contre les caillots.
À l'inverse, si l'on arrête brutalement le millepertuis, l'anticoagulant peut remonter trop haut, avec un risque de saignement. C'est pourquoi l'arrêt doit être encadré.
Niveau de gravité
Le Thésaurus de l'ANSM classe cette association en contre-indication : le niveau le plus élevé.
Que faire ?
- Vous prenez un AVK : ne commencez pas de millepertuis, y compris en tisane ou en complément.
- Vous prenez déjà les deux : n'arrêtez pas le millepertuis brutalement et n'arrêtez jamais votre anticoagulant de vous-même. Parlez-en à votre pharmacien ou à votre médecin : l'INR (le test qui mesure l'effet de l'anticoagulant) doit être contrôlé avant puis après l'arrêt du millepertuis.
- Signes qui doivent faire consulter sans attendre : saignement inhabituel, ou signes de caillot (douleur ou gonflement d'une jambe, essoufflement brutal). En cas d'urgence, appelez le 15 (ou le 112).
Source
« Diminution des concentrations plasmatiques de l'antivitamine K, en raison de son effet inducteur enzymatique, avec risque de baisse d'efficacité voire d'annulation de l'effet, dont les conséquences peuvent être éventuellement graves (évènement thrombotique). En cas d'association fortuite, ne pas interrompre brutalement la prise de millepertuis mais contrôler l'INR avant puis après l'arrêt du millepertuis. »